Chroniques d'un raté
Pour un coup d’essai, ce ne fut hélas pas un coup de maître!
Depuis que j’étais enfant, on me disait souvent que j’avais un bon coup de crayon. Du coup, j'ai grandi avec le rêve de devenir, un jour, artiste peintre.
Lorsque j’ai décroché mon bac, mes parents ont voulu que j’intègre la faculté de Droit; moi, je rêvais des Beaux-Arts. La pression qu’on exerçait sur moi était énorme. Plus qu’une fois, entre mon père et moi, le ton montait. Il m’a semblé que nous aurions pu, parfois, en venir aux coups. Il a même menacé de me jeter hors de la maison. C'était un coup de bluff, il n'a pas osé mettre sa menace à exécution. J'ai bien tenu le coup et je me suis inscrit aux Beaux-Arts. C'était, pour mon père un véritable coup de Jarnac. Ma mère, quant à elle, a pleuré un bon coup puis m'a souhaité bonne chance. Sur le coup, j'étais sur mon nuage; j'ai pu enfin, et pour la première fois de ma vie, concrétiser ce qui n'était qu'un coup de cœur. Ai-je réussi mon coup ? Pas vraiment. En effet, l’ambiance à la maison est devenue morose. J’aurais aimé entendre mon père pousser des coups de gueule plutôt que de le voir un coup taciturne un coup tête en l’air. A l’évidence, j’ai agi sur un coup de tête et je n’ai pas pensé au coup dur que j'ai asséné à mes parents. Mon enthousiasme du début a, pour le coup, commencé à s'effilocher et à quelques jours de la rentrée, le coup de théâtre s'est produit: j'ai renoncé aux Beaux-Arts et j'ai réintégré la fac de Droit.
Ainsi va ma vie: quand je pense avoir frappé un grand coup, il s'avère un coup de Trafalgar.
Mohamed Néjib TAYEB