Chroniques d'un raté

Main basse faite sur l’argent de l'entreprise

            L'entreprise est en bonnes mains. Le P.D.G dirige son équipe de main de maître. De plus, il a entre les mains, après les avoir réclamés auprès du conseil d'administration, les pleins pouvoirs en matière de stratégie économique  économique.

            En somme, il lui a semblé, un moment, avoir les choses en main. Mais il a eu la main malheureuse : il a engagé, en tant que chef du service de la comptabilité, une petite main, un jeune diplômé frais émoulu de l'E.N.A. Celui-ci, après des mois de tâtonnement, a fini par se faire la main sur les comptes de l'entreprise au point de découvrir des malversations dont l’auteur n’est que le P.D.G lui-même.     Après avoir mis la dernière main à un rapport au vitriol mais très circonstancié, il a tout révélé, lors d’une réunion conseil. Les deux protagonistes de l'affaire ont échangé des noms d’oiseaux et ont failli en venir aux mains (celui qui a rapporté l'incident, affirme tenir l'information de bonne main).     

            Pour mettre un terme à la polémique, l'actionnaire numéro un de la société a décidé que le conseil vote à main levée pour décider de qui des deux devrait rester. Le comptable a remporté le vote haut la main. Le conseil, unanime, a remis à celui-ci en main propre la lettre de nomination au poste du P.D.G et lui a promis qu'il aura les mains libres pour décider des réformes à engager. Le P.D.G sortant s’est vu, alors, obligé de passer la main à son collègue.

Mohamed Néjib TAYEB